La forêt gallo-romaine
et du haut moyen-âge.
(Histoire foncière du domaine)

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In illo tempore…

De la forêt de Fontainebleau, aux temps préhistoriques, on ne sait rien de consistant. S'y trouvent quelques gravures rupestres assez banales et quelques polissoirs, c'est tout.
 

Les vestiges gallo-romains

Les voies

Deux voies commerciales traversaient le massif à l'époque gallo-romaine. Elles ne figurent dans aucune des listes romaines, elles étaient donc de peu d'importance, seules les fouilles qui rapportèrent des dalles à diverses reprises prouvent leur existence.

 
  1. L'une allant de Paris en Bourgogne suivant la rive gauche de la Seine, dite aujourd'hui Ancienne Route de Bourgogne.
  2. L'autre joignant Melun et Orléans.
 

01. Un tronçon de "l'Ancienne Route de Bourgogne" traversant l'ancien hameau des Sablons (commune Veneux-les-Sablons) se nomme le chemin vert, ce nom répendu en France est souvent celui des restes d'anciennes voies romaines. On conte que Labienus général de cavalerie de l'armée de César en -52, allant de Sens à Lutèce à marches forcées, aurait emprunté cette route :
César - De bello gallico - VII, 57, 58
…Dum haec apud Caesarem geruntur, Labienus eo supplemento, quod nuper ex Italia venerat, relicto Agedinci, ut esset impedimentis praesidio, cum quattuor legionibus Lutetiam proficiscitur. Id est oppidum Parisiorum, quod positum est in insula fluminis Sequanae. Cuius adventu ab hostibus cognito magnae ex finitimis civitatibus copiae convenerunt. Summa imperi traditur Camulogeno Aulerco, qui prope confectus aetate tamen propter singularem scientiam rei militaris ad eum est honorem evocatus. Is cum animadvertisset perpetuam esse paludem, quae influeret in Sequanam atque illum omnem locum magnopere impediret, hic consedit nostrosque transitu prohibere instituit.
Labienus primo vineas agere, cratibus atque aggere paludem explere atque iter munire conabatur Postquam id difficilius confieri animadvertit, silentio e castris tertia vigilia egressus eodem quo venerat itinere Metiosedum pervenit. Id est oppidum Senonum in insula Sequanae positum, ut paulo ante de Lutetia diximus. Deprensis navibus circiter quinquaginta celeriterque coniunctis atque eo militibus iniectis et rei novitate perterritis oppidanis, quorum magna pars erat ad bellum evocata, sine contentione oppido potitur. Refecto ponte, quem superioribus diebus hostes resciderant, exercitum traducit et secundo flumine ad Lutetiam iter facere coepit. Hostes re cognita ab eis, qui Metiosedo fugerant, Lutetiam incendi pontesque eius oppidi rescindi iubent; ipsi profecti a palude ad ripas Sequanae e regione Lutetiae contra Labieni castra considunt…

L'analyse du texte, cependant n'autorise pas de décider quelles rives, de l'Yonne et de la Seine, Labienus fit prendre à sa troupe. Des armes romaines, postérieures au 1°siècle, et mérovingiennes furent trouvées en 1823 et 1902 aux bords de cette voie.

 

2. Le chemin d'Ury à Franchard et la section Ouest de la Route Ronde coïncident avec le tracé de cette voie.
Ainsi en 1823 au niveau des Monts Saint-Père on y mit au jour des pièces de monnaies, dont une à face de Nerva (96-98) au revers d'une liberté, d'un Trajan (98-117) et d'un Caracalla (211-217) à revers d'Afrique, des débris de constructions, des tessons d'amphores, des outils de fer, des petites meules, un fer à cheval, une sonnette. Puis en 1873 on dégagea une enceinte de pierre longue d'une quarantaine de mètres contenant un modeste édifice de deux pièces. Cette voie, d'importance commerciale locale le demeura au moyen-âge, on y édifia, dès 1300, la croix Tapereau , sur la route menant à Fontainebleau, dont l'entrée était signalée par une antique croix lanterne.

Le fanum du Bois Gautier

Des fouilles,(Damour : Bulletin de la société des antiquaires de France. 1874 p.117) en 1870 , mirent au jour les ruines d'un modeste fanum et de quelques maisons à proximité d'une source au Bois Gautier. Il mesurait 4 m. de côté. Édifié probablement vers la fin du IIIe siècle (selon son style), il périt dans le feu. Sa toiture en bois supportait les deux modèles de tuiles romaines alors en usage les tegula et les imbrex.

Les murs étaient décorés de fresques figurant des lianes et des fleurs portées par une treille (Les fragments découverts sont au musée de St. Germain-en-Laye). On trouva, aussi, des débris de vases décorés, des fragments de statuettes de Vénus et de Fécondité.

Menpehous

On trouve ce nom Menpehous sur une carte manuscrite de la forêt (Picart 1624), il désigne unz maison, un groupe de maisons vers la Vallée de la Solle. L'origine et l'ancienneté sont tout à fait inconnus.

Antiquité tardive

Avant le XIIe siècle, de rares épaves documentaires éparses ; des comparaisons plus ou moins heureuses avec d'autres massifs ; la considération de l'espace physique, autorisent quelques hypothèses auxquelles on doit réserver une prudence suspicieuse (ce qui n'a pas toujours été le cas d'auteurs pourtant populaires comme Jamin - Domet - Rette -…).

Ce sont, d'une part que le massif fut une région isolée limitée par la Seine, le Loing et l'École ; que des clairières naturelles, ou non, y abritèrent de très modestes villages ; que les défrichements entrepris par les indigènes en réduisirent progressivement et notablement l'étendue ; sont les données d'une hypothèse raisonnable. D'autre part quelques certitudes acquises qui ne sont pas contradictoires.

Constitution du domaine de la couronne

Des auteurs placent la forêt de Bière vers l'an mil, soit dans de comté de Melun Pagus Milidunensis(Lognon : Carte de la Gaule au temps de Charlemagne dans l'atlas historique de France). soit dans le comté du Gâtinais Pagus Wastinensis (M. Prou : Les coutumes de Lorris p. 54). De qui dépendait-elle, nous l'ignorons.

C'est avec le récit rédigé vers 1033, par le moine Helgaud, sorte de panégyrique de Robert le Pieux né à Orléans en 972 et décédé en 972 à Melun, qu'on apprend que la forêt de Bière appartint, au moins en partie, au roi.

Celui-ci y ayant fondé une église dédicacée à saint Michel (outre le "Mont Saint-Germain" et le "Rocher Saint-Germain", il y avait encore au XIV ° siècle un "Mont Saint-Michel entre "La Porte Cumiers" i.e. le carrefour des "Ventes Cumiers" et Bourron : In monte qui dicitur beati Michaeli. Procès-verbal du bornage de la Garenne de Cumiers - 1302 - A. N. JJ 38 n° 89 et un monastère sous l'invocation de Saint Germain l'Auxerrois, et :…In ipsa autem civitate Aurelianis aedificavit monasterium in honore sancti Aniani, ut diximus; item, aliud in honore sanctae Mariae matris Domini nostri Jesus Christi et S. Hilarii confessoris summi. Sanctae itidem Mariae genitricis Dei, cognomento Fabricatae. Fecit inibi et monasterium sancti Vincentii martyris Christi; monasterium S. Pauli apostoli, in Cantogilo villa; monasterium S. Medardi, in Vitriaco castro; monasterium S. Leodegarii, in silva Aquilina; monasterium sanctae Mariae in Miliduno castro cum alia ecclesia; monasterium S. Petri et S. Reguli, in civitate Silvanectensi; monasterium sanctae Mariae in Stampensi castro; item in ipso castro, ecclesiam unam, in palatio; in civitate Parisius, ecclesiam in honore S. Nicolai pontificis in palatio; monasterium S. Germani Antissiodorensis, S. Michaelis ecclesiam, in silva cognominata Bieria; item monasterium S. Germani Parisiacensis cum ecclesia S. Vincentii, in silva cognominata Ledia; in villa, quae dicitur Gomedus, ecclesiam in honore S. Aniani; item in villa Faida, ecclesiam in honore S. Aniani; monasterium sanctae Mariae, in Pisciaco; monasterium S. Cassiani in Augustiduno

(Robert le pieu, aimait vraiment fonder des monastères !)

 

Nous savons encore qu'en 1006, Hugues d'Avon, tenait, en son fief, des moulins en censive du roi A. N. K 18 N° 23 &.Tardif : carton des rois n° 247.

L'abbé Guilbert (qui écrit vers 1737) parle d'un chevalier Centour dit Centorius de Biera croisé en 1096 dans la troupe d'Etienne comte de Blois, trouvé dans odéric Vital. Si ce Centour a existé, nous ne l'avons pas trouvé dans la chronique de Vital.

Dans la même période l'auteur de ces lignes a trouvé dans la Chronique de la Vie de Bouchard comte de Melun et de Corbeil par Odon (Eudes) moine de l'abbaye de St. Maur des Fossés (abbaye à Melun jouxtant la forêt) à propos d'un abbé Maynard ecclesia Fossatensis coenobii,…Iisdem namque diebus Magenardus vir nobilis, secundum hujus caduci saeculi honorem nobiliter natus, eamdem gubernabat ecclesiam. Qui non juxta patris Benedicti imperium agens, saeculo valde deditus, animarum ac corporum commoda postponebat. Delectabatur enim canum atque bestiarum venationibus aviumque volatibus. Dumque alicubi voluntas pergendi adesset, depositis monachalibus indumentis, pretiosarum pellium tegmentis exornabatur, calamaneumque optimum pro capitio humili capiti imponebatur. Subjecti etiam quique pro posse et ipsi eadem sectabantur. Ne ergo cuiquam erga habitatores ipsius loci molestum videatur, hic mos a cunctis monachis istius regni agebatur.

Il est plus que probable que l'achat du comté du Gâtinais par Philippe 1er en 1067/68 l'acquisition du Gâtinais par Philippe 1erPROU, annales de la Soc. hist. du Gâtinais, 1898, p. 190 et celui du château de Moret-sur-Loing par Louis VI en 1115 Continuation d'Aimoin - Hist. Fr. t. XII, p. 123 Moretumvero…a Fulcone vicecomite Wastinensi emit augmentèrent les droits du roi sur les fonds de la région.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Fanum

 

Petit temple composé d'une cella (pièce circulaire ou quadrilatère où se trouvent un autel et la représentation de la divinité), entourée d'une galerie, couverte ou non.
Cette construction est au centre du temenos (espace sacré), limité par un péribole (mur ou fossé).
Ce genre d'édifice se trouve au Nord-Ouest de l'empire romain, c'est une adaptation des cultes romains aux pratiques cultuelles qui les précédèrent.

Une croix lanterne est une croix en tau, ou ordinaire, surmontée d'une lanterne (parfois à huile), on les rencontrait à l'entrée des étapes commerciales importantes.