La forêt royale du 12° au 15° siècle acquisitions, aliénations.
(Histoire foncière du domaine)

Rappelons que le droit de propriété peut s'analyser comme un droit immatériel qui est de réunir en une seule main les trois droits réels que sont l'Usus, le Fructus et l'Abusus. Ce démembrement du droit de propriété était couramment pratiqué pendant tout le moyen-âge.

La forêt de Bière des rois capétiens devait souffrir de nombreuses enclaves ; qui étaient de petits fiefs ou de riches propriétés ecclésiastiques ou laïques.

L'abbé Guilbert cite des fiefs forestiers, qui sont aujourd'hui des quartiers de Fontainebleau et d'autres périphériques. Il affirme, sans le prouver, l'existence de deux cents fiefs, plus que sa liste n'en donne, laquelle liste est donnée sans référence. Elle comporte les seigneuries suivantes (Chailly - Nemours et Achères - Monceau - La Coudre - Haut et Bas Changy - Les Provençaux - Cour Guillerets ? - Barbier ? - Moret).

Si tous les rois s'efforcèrent d'acquérir les enclaves, tous concédèrent aussi des aliénations.

Philippe-Auguste 1179-1223 :

• Octroya une charte aux religieux de Franchard en 1197(annales de la Sté. hist du Gâtinais t. XXXI), il y est précisé qu'ils ne peuvent accroître leur terre concédée sans autorisation royale.

• En 1203 fit don à son échanson "Galeran" ses terres de Bourron et de Marlotte lesquelles englobaient un canton forestier, le "Mont-Caton" (A. N.: JJ 26 fol 236) .

• En 1205, l'abbé de Vézelay, Hugues, (dont dépendait le prieuré de Pontloup-lez-Moret) abandonna l'usus et le fructus d'un bois nommé Bosengeium à proximité de Montereau au profit du Roi, contre quinze arpents dans le canton de "Gros-Bois".

• En 1209 & 1210 le Roi acquit pour 320 livres parisis, des héritages à Brolles et un bois jouxtant la forêt de Bière - on ne sait lequel - (A. N. J 31, n° 15 ; JJ 31 n° 102) d'Hugues de Chamigny sur permission du vicomte de Melun, son suzerain. En 1213, il fait don de cette acquisition à son maître queue "Girard Dubois", tout en se réservant la propriété du bois. (A. N. JJ 8 fol. 76 v°).

• En 1222, pour cent marcs d'argent le Roi achète tous les droits que l'abbé de "Saint-Père" sis à Melun, avait sur le "Breuil " de Barbizon et l'usage qu'il avait dans le bois de Montmélian (sur la rive droite à Samoreau).

Louis IX (Saint Louis) 1226-1270 :

• En 1248, Louis fait don à l'abbaye du lys, qui vient d'être fondée par Blanche de Castille sa mère, de 200 arpents en forêt de Bière, au canton de "la queue de Perthes"(Cartulaire de l'abbaye du Lys Bib nat ms lat 13892, fol 25 v°), puis en 1252 encore cent arpents (ibid. fol 33)

• En 1256, il concède un tiers des "MontsGirard" à Jean de Fleury qui les lui revend un peu plus tard pour 800 livres parisis (A. N. J 102 - Delaborde : Layettes du trésor des rois t 5 p. 221, ° 607) .

• À une date inconnue le Roi donna 10 arpents à l'hôtel-Dieu de Samois, à la léproserie de Courbuisson 16 arpents dans la forêt (entre Sermaise et Samois).

• Le roi accensa la lande entre Bois-le-Roi et Samois pour leur fournir des terrains de culture (A. N. J.1020 n° 4 - Delaborde, Layettes t V p. 246) …cum nos quandam partem nemorum nostrorum Bierie, miricarum et brueriarum sitarum inter Samesium et Bruisolles dedissemus quibusdam hominibus parrochiarumv de Bosco regis Regis et de Samesioo ab ipsis essartandam et ad agriculturam redigendam, sub certo censu nobis annis singulis persolvendo.(ponctuation ajoutée).

• En 1260, le Roi jugeant les revenus des "Trinitaires de la rédemption des captifs, qui desservaient depuis 1259 la chapelle du château et l'hôpital des pauvres des environs, leur abandonna les cens qu'ils devaient sur des terres cultivées ou non prises sur la forêt (Bib. Nat. ms latin 9778 fol 41). On compte en arpents : Fontainebleau 60 - Samois & Courbuisson 414 - Bois-le-Roi, Sermaise & Brolles 877 - Faÿ 1,5 - Barbizon, Macherin & Saint-Martin-en-Bière 254 - Arbonne 25 - Franchard 10 - Meun, Achères & Ury 170 - Recloses & Cumiers 114 - Bourron & Goermenial (??) 17 - Montfaucon (près Sorques) 8.